Charlie venait de commander une pizza, celle-ci arriva en une quinzaine de minutes et nous voilà alors à table. Le silence inondait la cuisine et je peinai à manger, ne voulant pas provoquer aucuns soupçons auprès de mon père. Je ne ressentais effectivement plus de goût concernant la nourriture que j'ingurgitai, celle-ci me donnai presque la nausée. J'avalai donc une seule petite part de la pizza commandée, quant à Charlie, il se hâtait de manger le reste. Le repas finit, je me mis alors à faire la vaisselle, voyant le sourire de mon paternel en signe de remerciement. Il se posa directement devant son poste de télé, un Match allait sûrement avoir lieu ce soir. J'étais contente de ne pas devoir supporter les questions que Charlie avait en tête. Je pouvais sentir ses lèvres ne sortir aucun son, hésitant à chaque seconde durant le repas à me les poser et au final cela ne se produisait pas. J'étais sauvée.
Lorsque j'eus fini la vaisselle, instantanément je le prévenais que je montai dans ma chambre prétextant une soudaine fatigue suite au voyage. Une chose qu'il croirait évidemment. Après tout, aux yeux des gens, je suis une lycéenne normale, qui dort, mange et vie normalement, comme tout le monde..
Cette pensée me faisait à la fois rire et avoir des nausées. Depuis 8 mois, je ne vivais plus de cela, du moins en ce qui concerne la normalité de mon existence, du sommeil et de la nourriture d'un simple être humain, d'un mortel si je puis dire. Allongée sur mon lit, les yeux fermés, je me souvenais de cette soirée, ce soir où ma vie a basculée, ce sombre soir où depuis je suis la seule à porter ce fardeau douloureux, la seule à me rendre compte à quel point la vie est longue et ennuyeuse.
Certes, depuis cet événement les temps sont longs, mais il est amusant de savoir la moindre pensée d'une personne, même si cela fait que ma concentration doit entre très développée, précise et directe. J'eus un flash, cet homme, blond sale, grand et d'un regard envoûtant, sa violence jetée sur moi et ma vie de lycéenne banale qu'il m'avait enlevée. Je venais de rentrer de la fête organisée par mes amis.
Moi Isabella Swan, j'ai étais mordu par un être inhumain le soir de mes 16 ans, il y a de cela 8 mois à présent. Je me rappel encore, mon corps figé, ne pouvant plus bouger, mon sang qui coulait le long de sa joue, le long de mon cou... Ce soir là je ne suis pas rentrée chez moi, restant comme une jeune fille en fugue dans ce petit bois dans la ville de Ph½nix durant quelques minutes seulement, je ne pouvais pas bouger mais j'arrivai tout de même à me cacher dans un coin où personne n'avait accès. Puis ensuite le trou noir, plus aucun souvenir jusqu'à ce que les éclats du soleil arrivèrent à me réveiller, en regardant ma montre il était 20h et nous étions alors 3 jours plus tard. Ma première pensée allait alors vers ma mère et mon beau-père, ils devaient être morts d'inquiétude, je regardais mon téléphone portable, un simple sms reçu, aucun appel, comment cela se faisait-il ?
« Bella, je suis au courant pour le festival qui se trouve à Chandler, j'ai vu les tracts dans la boîte aux lettres, je suppose que tu t'y es rendu après avoir fêté ton anniversaire avec tes amis, je comprends parfaitement, tu as 16 ans à présent, je dois te faire confiance et te laisser de la liberté. Je t'aime. Ps : je ne rentre pas avant 5 jours, je pars avec Phil rentre visite à sa famille. »
Le message que m'a mère m'avait envoyée daté seulement d'hier, dans un sens j'étais assez soulagée de voir que la police ne serait pas à ma recherche et dans un autre, je me sentais brûlante de fièvre, le sang séché me piquait le cou. J'essayais de me levée, étrangement je n'avais aucune peine à cela alors que mes derniers souvenirs étaient justement mon incapacité de bouger. Ce type m'avait mordu, cela était inévitable, mais qu'était-il ? Le bois où j'errai n'était qu'à 500 mètres de chez moi, je pouvais donc essayer de courir jusqu'à là afin que personne ne me voit dans cet état. Je n'aimais pourtant pas courir, j'étais assez maladroite et pas vraiment sportive mais il le fallait. Ni une ni deux je commençais à trottiner mais sans que je ne puisse m'en rendre compte je courrais à vive allure, comme un étalon en pleine course, lorsque je voulus m'arrêter j'étais là, devant chez moi, en l'espace de 3 secondes j'avais effectué 500 mètres... Que m'arrivait-il ?
J'ouvris alors la porte et me précipita vers la salle de bain, remarquant le sang collant le long de mon cou je me dépêchai de mettre à la machine à laver mes vêtements et de filer sous la douche. L'eau était au degré maximum que je pouvais avoir et pourtant je ne ressentais rien de bien chaud, cela me faisait assez paniquer. Je voyais le sang séché dégouliné de mon corps pour arriver au sol de la douche. Après m'être lavé totalement, j'enfilais une serviette autour de mon corps puis me rua devant le miroir imposant de la salle de bain, je pus remarquer deux traces sur mon cou, les traces de morsures. Je n'osais pas les toucher. La chose qui me marquait le plus était ma peau, à la base très blanche, devenue d'un blanc parfait, telle le blanc d'une poupée de porcelaine et mes yeux... des yeux d'une couleur doré tel un chat dans la nuit. Pourquoi avais-je changé comme ça ? Que cela voulait-il dire ? Je m'installai alors devant mon écran d'ordinateur, voulant en savoir plus, je tapai alors le mot : morsure, sur mon moteur de recherche et je tombais nez à nez avec des sites de vampires. Cela me faisait rire, les vampires n'existent pas et ne peuvent pas vivre la journée de toute façon lorsqu'on les voit dans les films. J'éteignis directement mon ordinateur, peu amusée par ce qui était écrit. Après avoir enfilé des vêtements propres je descendais vers la cuisine, j'avais faim, mais une faim étrange. Je ressentais une odeur inconnue mais celle-ci m'attirait. Je regardais alors dans le frigo afin d'en savoir plus et là je vis des steaks baignant dans leurs sangs. Phil aimait laisser ses steaks baigner dedans, je ne savais pas pourquoi, mais moi cela me répugnais, l'odeur du sang et la vue m'était insupportable depuis toujours. Mais là étrangement, l'odeur de ce sang m'attirait plutôt.
* Bella, les vampires sont des buveurs de sang... *
Me dit alors une voix soudaine dans ma tête.
Cela me faisait rire mais à la fois peur, j'étais réellement attirée par cela et sans m'en rendre compte je venais de boire le sang dans lequel baignaient les steaks de Phil. Au fils des jours, je ne comprenais toujours pas ce qui m'arrivait mais je vivais avec, gardant cela pour moi. Au lycée, je commençais à avoir facilement la nausée et je répondais à mes camarades alors qu'ils n'avaient soit disant prononcés aucuns mots, étrange...j'aurai juré avoir entendue leurs voix...Et leurs odeurs était assez forte, généralement je ne sentais rien d'eux mais là, parfois leurs odeurs étaient totalement insignifiantes, autant parfois si délicieuse et alléchante. Je pouvais me contrôler, je devais sinon cela arriverai, comme l'autre jour devant les steaks de Phil.
C'est ainsi que depuis 8 mois je vis avec ce lourd secret dont je suis la seule à connaitre. Je commençai à m'y faire, malgré que je me demandais toujours pourquoi cet homme m'avait laissé en vie et non pas tuée définitivement. En ré-ouvrant les yeux, je pus voir le soleil qui pointé le bout de son nez, 6h sonné et j'entendis Charlie se préparer pour une nouvelle journée de travail. Les cours ne commençaient pas avant 8h30 ce matin, j'avais donc le temps de préparer le petit déjeuner, me préparer tranquillement et prendre la route vers ce nouveau lycée...